Foire de Paris – Dernière édition 2010

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DAY 7, PAVILLON 7

Un jour, un pavillon. C’est un peu le même principe qu’un jour, un livre. Mais avec les pavillons de la Foire de Paris. Aujourd’hui, le pavillon 7 où il est question, enfin, de trancher dans le lard.

Pas de doute, ça sent la RTT. Ambiance Disneyland à la Foire de Paris où l’on joue des genoux dans les allées et les escalators. Quoi qu’il en soit, n’oublions jamais de respirer, gardons le suspens entier en gravissant sereinement les paliers du pavillon 7. Avec, dans l’ordre d’apparition, un rez-de-chaussée où les télés s’aplatissent comme c’est pas permis, un premier étage où les gens ne pensent qu’à s’allonger, dormir et s’assoir et, enfin, un deuxième niveau, où tel un hobit atteignant victorieusement le Mont du Destin, le rédacteur de cette chronique aura, peut-être, enfin droit à une rondelle de sauciflard en guise de salaire.

Pour du contraste, c’est du contraste. Une fois n’est pas coutume, la Foire de Paris nous surprend par son art du grand écart. Du vieux, du neuf, du moderne, du sobre, du coloré, du kitch (n’insistez pas, nous ne donnerons pas de nom), de l’artisanal, de la production en série. Il en va de l’ameublement comme pour tous les produits présentés à la Foire : on passe du coq à l’âne, de tout à son contraire sans transition. En repassant devant les pianos Daude, on ne peut s’empêcher d’épancher quelques gammes sur les exemplaires uniques, dans tous les sens du terme, de la marque Gary Pons. Et juste à côté, on fait la connaissance de Patrick, ancien banquier, fan de jazz devant l’éternel, reconverti dans les biographies de musiciens mises en images. Ça s’appelle BD Music et c’est plutôt passionnant.

Promotion canapé au premier étage. Bienvenue au royaume de la sieste, l’antre du repos, l’empire de la ronflette. Du somme en somme. On s’étonne de l’absence de Jeanne Mass qui pourrait sans mal devenir marraine de toutes les marques des fauteuils massant présentés à la foire. Autre source de surprise, ce fabricant d’horloges esseulé au milieu des salons design. On converse avec Claude Converset de son entreprise familiale qui perdure malgré les tempêtes. Et l’on se retrouve, en pleine Foire de Paris,  plongé dans le salon de ses grands-parents autour du chaud café dominical, rythmé par les aiguilles et l’invincible carillon. Mais nous voilà revenus en cette bonne vieille année 2010.

Après la ronflette, la raclette. Nous y voilà, enfin, à ce fameux pavillon qui nous titille le pif, le dernier escalator à peine gravi. Se gargariser, croûte que croûte, de Tome de Savoie, s’étouffer à l’estouffade corse, se taper le ventre par terre avec force tapenade, tel est le programme marathon que le commissaire Magret n’aurait, à coup sûr, pas renié et que Descartes a vaillamment illustré par son célèbre : “je m’éclate la panse donc je suis.” S’il n’était pas 16h, le rédacteur de cette chronique se serait sûrement laissé tenter par ce Chateau Puypezat, au marketing clairement orienté vers les 25/35 ans. A elles seules, les étiquettes des Frenzycat et Bubblecat valent le détour. L’après-midi se finit autour de la pop tranquille d’Exsonvaldes, au stand de France Bleu, qui livrera un concert aussi savoureux que les jambons exposés juste en face. Pour sûr qu’ils apprécieront le compliment.
Allez, comme le disait Vivien Leigh, next year, next foire.

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Ça balance pas mal à (la foire de) Paris

Entendu, capté, bref, ouï à la Foire de Paris
Les citations suivantes engagent l’unique responsabilité de leurs auteurs

Euh, ça fait trampoline
(un jeune amusé par le revêtement d’un escalator)
T’en fais un beau toi, de trampoline
(Une amie, qu’on ne lui souhaite pas être sa petite)
…..

C’est beau mais il faut un château pour mettre ça
(une passante ébahie devant une baignoire de luxe, au pavillon 1)

J’ai connu l’époque où la Foire de Paris, c’était vraiment la foire, si vous voyez ce que je veux dire
(une commerçante nostalgique au pavillon 1)
…..

Ça coûte combien ?
(un badaud intéressé par l’aspirateur qui aspire tout seul)
9000 euros
(le commerçant goguenard qui, on le sent, prépare une vanne)
A ce prix là, je préfère me payer une femme de ménage
(le badaud qui ne manque pas de répartie)
oui mais l’avantage c’est que pendant que le robot aspire, vous vous occupez de la femme de ménage
(quand on vous disait qu’il préparait une vanne)
…..

Ne me prenez pas en photo, ma femme ne sait pas que je suis là
(un commercial à l’humour ravageur, à moins que cela ne soit un pléonasme)

…..

Le concours des cravates de commerciaux de la foire de Paris est officiellement lancé

…..

Ça fait deux fois que vous passez, à la troisième, vous signez !
(Un vendeur de mobilier de jardin qui n’aime pas qu’on lui coupe l’herbe sous le pied)

…..

Avec ça, vous découpez tout : les légumes, les fruits, la viande, les belles-mères
(un grossiste harangueur au pavillon 4)

…..

Excusez-moi, c’est ici le concours lépine ?
(l’intrépide équipe de magasins-paris qui cherche son chemin)
Non, ici, c’est plutôt les coucougnettes
(un hilare cuistot basque évoquant ses spécialités locales)

…..

Faut pas se leurrer, des vieux pleins de fric, y en aura de moins en moins
(un vendeur de mobilier lucide. Le vendeur, pas le mobilier)

…..

…..

Le café doit être comme le premier baiser d’une demoiselle
délicieux comme la nuit dans les bras de son promis
noire comme les injures de sa mère apprenant la nouvelle

(proverbe colombien lu au pavillon 4)

…..

le diffuseur d’huiles essentielles, meilleur que partout ailleurs
(slogan à la syntaxe douteuse dont on caftera pas d’où qu’on l’a lu)

…..

Prenez les petites jeunes jolies en photo, c’est plus vendeur
(une responsable de stand au pavillon “planète femmes”)

…..

C’est ma drogue. La moquette, je la fume pas, mais le fromage …
(Un fromager haut perché dans le pavillon 7)

…..

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Foire de Paris – Edition du vendredi 7 mai

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DAY 6, PAVILLON 6

Un jour, un pavillon. C’est un peu le même principe qu’un jour, un livre. Mais avec les pavillons de la Foire de Paris. Aujourd’hui, le pavillon 6 où il est question d’un télé-shopping géant.

A quoi ressemblait la vie avant d’avoir franchi les portes du pavillon 6 ? Comment diable faisait-on pour survivre dans l’impitoyable quotidien sans le magic mixer© 7 en 1, sans le couvercle fraîcheur hermétique©, sans le Speed Cleaner©, sans l’Epluchef©, sans le portefeuille magique©, sans l’ouvre-boîte révolutionnaire, sans le robot-aspirateur ou encore sans le range-flacons malin dans la salle de bains ? Et bien on ne vivait pas, voilà tout.

C’est comme un air de déjà-entendu qui nous siffle aux oreilles après une petite randonnée dans les allées du pavillon 6.
- “Franchement, entre nous, est-ce que le steak, à la maison, il ressemble à celui-là madame
? “.
- “Regardez la promo que je vais faire spécialement pour vous, regardez bien“.
- “Ça fait 20 ans que je fais la Foire de Paris, je suis le seul à ne jamais avoir augmenté mes prix“.
- “Si je le dis, c’est que c’est vrai“.
Mention spéciale également pour le slogan du Tapis vorace©, qui n’a rien à envier à la force tranquille de Jacques Séguéla, puisqu’il milite ni plus ni moins “pour la paix des ménages“.

Qui dit vrai ? Qui dit faux ? Faîtes entrer l’accusé. C’est tout le charme de ce pavillon qui ne s’arrête jamais de vivre. On regarde d’abord de loin, on s’approche, on se faufile, on écoute et on se laisse séduire. Ou pas. Chez certains, la démo est impeccable. Comme pour ce cuistot qui arrive sans mal à troquer les casseroles désuètes des ménagères sous le charme contre sa plaque de cuisson sur laquelle les matières grasses trépassent. “Je suis plus cher que mes voisins, mais ici vous payez la qualité.” Une chose est sûre, le chaland sera toujours plus sensible aux arguments d’une vendeuse de savonnette naturelle en tablier (la vendeuse, pas la savonnette) qu’au discours sans âme d’un commercial cravaté laveur de carreaux. Ayons d’ailleurs une pensée émue pour ceux qui, pour des raisons de sécurité, n’ont pu vanter les qualités de leur marchandise. Non, c’est pas facile, facile de vendre un Bâton de feu© sensé allumer les barbecues quand on ne peut pas allumer de barbecue.

C’est en forme d’hommage, donc, que se conclura cette chronique quotidienne. Avec une spéciale dédicace aux orateurs de tous poils, et pas seulement ceux qui vendent des balais. Un big-up aux harangueurs qui ne lésinent pas sur leur salive. Un coup de chapeau aux rhéteurs qui cirent les chaussures à longueur de journée, affrontant ainsi les chaussettes les plus douteuses. C ‘est sans conteste ce qui le rend la pavillon 6 le plus chaleureux d’entre tous. Si avec tout ça, on repart pas avec un petit cadeau. Allez, comme le disait Vivien Leigh, demain est un autre pavillon. Celui avec le saucisson sur le gâteau.

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DAY 5, PAVILLON 5

Un jour, un pavillon. C’est un peu le même principe qu’un jour, un livre. Mais avec les pavillons de la Foire de Paris. Aujourd’hui, le pavillon 5 où il est question, entre autres, d’éradiquer les cuticules.

Lève-toi, c’est décidé, laisse-moi te remplacer, je vais prendre ta douleur. Adieu les maux, bonsoir les blessures, goodbye les  larmes. Du pavillon 5, testé et approuvé par Christophe Lombaire en personne, vous ressortirez rajeunis, ragaillardis de la tête aux pieds. Pendant que la Foire de Paris promeut le bien-avoir, notre pavillon du jour loue, sans les charges, le bien-être. Mais aussi les arts décoratifs et l’artisanat. Il est gros, le pavillon 5.

Pourquoi “planète femmes” d’abord ? Insurgeons-nous, messieurs, contre ce scandaleux monopole de la délicatesse et, d’une voix unie et virile, militions pour que les hommes obtiennent les mêmes droits que les femmes : port obligatoire du peignoir en bambou et de la semelle orthopédique, manucure et pédicure hebdomadaires, Powerplate© à tous les étages et installation du fauteuil massant sur les sièges de bureau. Comble de la science triomphante, on apprend qu’il est également possible de “fumer tout en préservant sa santé” grâce aux cigarettes et aux cigares électroniques. Existe aussi, pour les amateurs, en version pipe.

La machine à coudre n’a pas dit son dernier mot. Pendant qu’une bataille sans merci (ni bonjour, ni au-revoir d’ailleurs) se livre au beau milieu du pavillon 5 entre la marque que vous savez (et que nous tairons) et la concurrence, un parterre d’une vingtaine de curieux assiste à une master-class de coupe en direct. Et c’est un homme qui l’anime ! Du côté des ateliers décoratifs, on s’arrête quelques instants autour de la démonstration de cette ardoise magique que les petits bouts pourront user à l’infini sans papier ni crayon. Nous voulions écrire magasins-paris dessus pour vous montrer l’efficacité de la chose mais pour les photos, on repassera. Mais les fers à repasser, c’est le pavillon 1, c’est loin.

On perce enfin le mystère de la secte de ceux qui se baladent dans la Foire de Paris avec des objets en terre délicatement posés sur un bout de carton. Tout s’explique. Au stand de Terres et Formes, c’est distribution de bols, verres et autres  bougeoirs tournés et façonnés en direct. Impressionnant. Enfin, entre les masques vénitiens, les pipes en bois (ça fait deux pipes dans le même papier), les abat-jour et les ceintures en cuir véritable, notre oeil se pose sur les créations de Violaine Ulmer. Au milieu des bijoux trop scintillants qui garnissent le pavillon, ses créations frappent justement par leur sobriété et un sens élégant de la mise en scène.

Allez, comme le disait Vivien Leigh, demain est un autre pavillon.

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Foire de Paris – Edition du jeudi 6 mai

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DAY 4, PAVILLON 4

Un jour, un pavillon. C’est un peu le même principe qu’un jour, un livre. Mais avec les pavillons de la Foire de Paris. Aujourd’hui, le pavillon 4 où tous les chemins mènent au rhum.

Tropique au compteur. Change pas le moteur. Paraît qu’y a du soleil et des nanas au pavillon 4, quartier général des DOM-TOM mais pas que. Ne lésons pas les pays asiatiques, arabes, africains et américains qui occupent une bonne moitié de la place. Embarquement immédiat pour le pavillon 4, marché à l’échelle mondiale prisé par le grand public en recherche de saveurs inédites et d’objets de déco dits ethniques pour faire joli dans la salle à manger et crâner devant les invités.

Cultivons-nous un peu et plongeons-nous, si vous le voulez bien, au lieu de lorgner sur le ti punch, dans les bouquins du prolifique Tony Delsham dont vous pouvez retrouver l’intégralité de l’œuvre au stand de Martinique éditions. Depuis l’âge de 14 ans où il écrit Le salopard (c’est le titre du livre, épuisé aujourd’hui), Tony Delsham s’adonne à un rythme de publication quasiment annuelle. “C’est un journaliste. Ses livres sentent le vécu de la Martinique profonde“, affirme une collègue. Et dans la catégorie je m’instruis avec magasins-paris, retenez-donc le nom de Victor Schoelcher, l’homme politique à l’origine de l’abolition de l’esclavage en France.           

Monsieur, vous êtes la personne qu’il me faut“. Comment le faillible rédacteur de cette chronique pourrait-il résister à cet appel du pied aussi charmant qu’effronté ? C’est toute la personnalité de Myriam Maxo qui transparaît dans sa collection de linge de maison aux couleurs africaines, certes, mais décalées. “En Afrique, il y a autre chose que des statuettes“, affirme la talentueuse designer d’espace. On louche également sur les produits de Berken, artiste-plasticien qui partage le même stand et dont les peintures, sacs, badges en forme d’hommage à la femme africaine tapent instantanément dans l’œil. Dommage que tout ce joli monde ait dû lever le camp mardi soir.

C’est en mode flânerie que le tour du pavillon 4 en 80 jours s’achève. Une fois n’est pas coutume, le visiteur lambda (lambada, pour rester dans le thème tropical) redoublera de vigilance pour distinguer les produits qui proviennent réellement des pays où ils sont fabriqués, des bibelots que l’on retrouvera aisément au marché local dimanche matin. A vous désormais de trancher maintenant entre le café ivoirien et colombien. Allez, comme le disait Vivien Leigh, demain est un autre pavillon.

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Foire de Paris – Edition du mercredi 5 mai

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DAY 3, PAVILLON 3

Un jour, un pavillon. C’est un peu le même principe qu’un jour, un livre. Mais avec les pavillons de la Foire de Paris. Aujourd’hui, le pavillon 3 où il est question de faire trempette et de tondre son gazon.

Nicoletta avait raison, il est mort le soleil. C’est pas aujourd’hui qu’on finira le tube d’huile de coco. Une pluie discrète nous escorte vers la Porte de Versailles mais heureusement, avec la Foire de Paris et son édition spéciale Tropiques, c’est lundi au soleil. D’autant que la visite du jour est consacrée aux piscines et aux jardins du pavillon 3. Voire des piscines dans les jardins. Et des jardins dans les piscines.

Si vous avez versé votre petite larme devant Into the Wild (non, non, noooooon, repose cette baie sauvage !), vous aimerez le Kota, cet imposant mais néanmoins charmant chalet qui nous vient de Finlande dans lequel vous pourrez tout faire ou presque. Manger des Apericube entre amis, faire un petit bac, jouer au Pictionnary et, pourquoi pas, cuire du poisson, comme l’usage initial l’exigeait. En effet, vous vous coucherez moins bête ce soir en apprenant que Kota signifie, dans la langue nordique, “petite maison de pêcheur”. Pour avoir cette cabane de jardin de compét’ livrée et posée chez vous, il faudra aligner quelque 9000 euros. Cela dit, le toit est en shingle, cette matière à base de bouteilles en plastique recyclé. Et comme le dit le vendeur, “il y a shingle et shingle“. Et ce n’est pas Marc Toesca qui le contredira.

Aujourd’hui, on plonge. Que cette réplique culte du film (culte également) Profs vous mette ou non la puce à l’oreille, bienvenue dans le monde de ces énoooormes baignoires sans bouchon que l’on appelle piscines. Des petites, des grandes, avec bulles, sans bulles, des spa (avec le repose bouteille de champagne et diffuseurs d’huiles essentielles), des saunas (avec sono), des hamam, et ça continue en chlore et en chlore. Quand on pense à toute cette eau pompée pour rien ou presque, on se dit qu’il serait judicieux d’organiser des concours de beach-volley ou des cours d’aqua-gym dans le pavillon 3.

Avant de renouer avec la grisaille extérieure, on passe par le jardin et la véranda. Au milieu des chaises et des tables qui se ressemblent un peu toutes, on se prélasse quelques instants sur un mobilier branchouille aux couleurs et formes aguichantes et aux tarifs pas si prohibitifs que ça. On discute quelques instants avec un commercial qui nous propose de goûter à l’elixir de la haie éternelle. Brigitte apprécierait. Et pour finir, on s’agenouille religieusement devant le plus grand barbecue du monde, en se disant : “un jour, il sera mien”. Allez comme le disait Vivien Leigh, demain est un autre pavillon. Peut-être, enfin, celui du saucisson.

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